Le jeudi 12 novembre 2009
2012 : la fin du monde est en 2012
La Presse
Depuis les Mayas – et internet, tout le monde le sait: la fin du monde, c’est pour 2012. En attendant la submersion de la terre, Roland Emmerich, le destructeur qu’Hollywood préfère, met en scène la fin du monde avec le sens du spectacle qu’on lui connaît.
Les causes multiples du désastre ne sont pas vraiment abordées dans le film – ceux qui le souhaitent peuvent toutefois revoir The Day After Tomorrow pour se remémorer ce qu’Emmerich pense des conséquences du réchauffement climatique – et le cinéaste le dit: contrairement à ces nombreux auteurs qui consacrent des livres à la question, lui s’intéresse à la fin du monde elle-même.
Jackson Curtis (John Cusack), écrivain raté, emmène ses enfants en week-end dans le Wyoming. Là, il découvre une activité militaire bizarre et apprend du même coup que la fin du monde est proche et que le gouvernement, alerté depuis quelques années, a prévu le coup et mis au point des vaisseaux pour sauver les ultrariches et les ultrapuissants.
Fort de cette nouvelle, Jackson Curtis essaie de convaincre son ex-femme, Kate (Amanda Peet) de fuir la Californie (menacée par un tremblement de terre doublé, évidemment, d’un tsunami) en avion. Évidemment, Kate ne croit pas un mot des sombres prédictions de Jackson, jusqu’au moment où la terre se met à trembler.
Pendant ce temps, à Washington DC, un président noir (Danny Glover) organise la fuite de sa fifille (Thandie Newton) dans l’un de ses vaisseaux construits en Chine avec, si mes souvenirs sont justes, l’aide de Tibétains. Faut-il avertir la populace de sa mort imminente? Le débat ne semble pas vraiment passionner le gouvernement américain.
Pendant ce temps, eh bien!, la destruction commence. C’est sans aucun doute le seul aspect intéressant du film. Il faut en effet avoir un petit faible pour le style grossier d’Emmerich qui, comme un enfant détruisant des pâtés de sable, prend un malin plaisir à démolir les symboles de la puissance des sociétés humaines.
À part cela, ne reste pas grand-chose. Mais plus que par sa relative insipidité, 2012 interpelle plutôt par sa morale ou plutôt son absence de morale. Que nous dit le film en fin de compte? Que seules les personnalités riches et puissantes de la planète (les stars, les présidents et les nouveaux riches de l’Est) et une poignée d’heureux élus (Cusack plus son ex moins le nouveau mari de celle-là) pourront s’en sortir?
Le plus incroyable, dans cette histoire, c’est que les héros «gentils» du film s’accommodent fort bien de l’inégalité choquante qui les classe parmi les élus d’une arche de Noé nouveau genre alors que le reste de la planète est condamné à crever. Une morale pour le moins biscornue pour un film qui n’a pas grand-chose à dire.
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2012
Drame de Roland Emmerich, avec John Cusack, Amanda Peet, Chiwetel Ejiofor, Thandie Newton et Oliver Platt.
Nous sommes en 2012, année qui, comme chacun sait, marque la fin du monde. Attention, ça va saigner…
Effets spéciaux spectaculaires pour une morale pour le moins dérangeante.