Le dimanche 27 septembre 2009
Coco avant Chanel: l'enfance de l'élégance
Le Soleil
Québec
On dit que sans Coco Chanel, la femme du XXe siècle, sa silhouette du moins, n'aurait pas été la même. Il est amusant de constater que le film d'Anne Fontaine, concentré sur les années qui ont précédé la montée en célébrité de la styliste, rend surtout témoignage à la Belle Époque.
Les costumes occupent, cela va de soi, une place importante dans la proposition. Pour que Chanel puisse exprimer son refus des conventions, il fallait nécessairement montrer en quoi ces conventions consistaient.
Incarnée par une Audrey Tautou qui, dans ce rôle taillé sur mesure, donne à son expression toute l'intensité dont elle est capable, Coco semble dévorer l'univers avec ses yeux. Les encombrantes toilettes des dames au champ de course ne correspondent décidément pas à l'idée que la frêle jeune femme se fait de l'élégance. Cette rebelle que les conventions de l'époque empêchent de respirer s'habille, elle, avec les chemises de ses amants.
Une des grandes idées du film aura été d'associer ce regard critique que pose Coco sur l'univers qui l'entoure à une musique de type hollywoodien. Lancez les violons, la jeune femme se prépare à refaire le monde! Le procédé, établi dès le générique d'ouverture, se répète avec régularité jusqu'à la scène finale. Va toujours pour la redite. Le problème, c'est que le caractère convenu et naïf de cette formule vient contredire le propos qu'on cherche à défendre.
Émancipation du corps féminin
Coco Chanel, c'est le petit grain de sable qui, en tombant dans l'engrenage, oblige toute la machine à s'adapter. À grands coups de ciseaux dans le corset, elle fait entrer la mode féminine dans la modernité. Adieu froufrous, boucles, dentelles et chapeaux à plumes. Bonjour l'émancipation du corps féminin. Alors, question de musique, celle d'Érik Satie aurait nettement mieux fait l'affaire.
La présence de Benoît Poelvoorde, à l'aise et naturel dans le rôle d'Étienne Balsan, le protecteur et amant de Chanel, insuffle une vie certaine à la première moitié du film. L'entrée en scène d'Alessandro Nivola en Boy Capel, le grand amour de Coco, marque une sorte de rupture dans le rythme et dans le ton. On s'enfonce alors dans une sorte de romantisme assez banal.
Une scène finale se situant en dehors du temps du récit et dont on cherche encore le sens profond vient clore l'histoire sans vraiment la conclure.
Au générique
Cote : ***
Titre : Coco avant Chanel
Genre : drame biographique
Réalisatrice : Anne Fontaine
Acteurs : Audrey Tautou, Benoît Poelvoorde, Emmanuelle Devos, Marie Gillain
Salle : Beauport, Charest, Galeries de la Capitale, Lido, Sainte-Foy
Classement : général
Durée : 1h50
On aime : la fine silhouette d'Audrey Tautou
On n'aime pas : le choix musical