Le vendredi 14 août 2009
The Cove : plus militant que documentaire
La Presse
The Cove arrive en salle précédé d'une sulfureuse réputation. Voici donc un film, qui, pour exister comme pour prouver sa raison d'être, a nécessité une véritable opération commando.
L'enjeu: démontrer qu'à Taiji des pêcheurs japonais capturent et massacrent chaque année des dauphins.
Bien sûr, voir un documentaire évoquant la chasse à la baleine et montrant la chasse au dauphin n'est pas sans faire sourciller le spectateur canadien tant il peut rappeler les nombreux et houleux débats sur la pratique de la chasse au phoque - un animal aussi adorable que le dauphin et dont la chasse est prétendue culturelle, tout comme celle de la baleine pour le Japon.
Militant, activiste, Ric O'Barry mène l'expédition à bon port. Il connaît les dauphins, il aime les dauphins, mais, et c'est là où les choses deviennent intéressantes, il est aussi l'homme par qui la fascination pour les dauphins est apparue: c'est lui qui, dans les années, a dressé les dauphins pour la série Flipper.
Choqué par la multiplication de parcs d'attraction mettant en scène des dauphins et les effets pervers qu'elle entraîne, Ric a décidé, depuis, d'en découdre avec la capture de dauphins. À Taiji, il défie les autorités pour révéler au grand public l'affreux commerce qui s'y déroule - capture des dauphins, revente des plus jeunes d'entre eux, harponnage pour les plus anciens.
Le documentaire met à jour de façon convaincante l'exploitation des dauphins, mais aussi la consommation, à leur insu, de viande de dauphin par les consommateurs japonais qui pensent manger de la viande de baleine. Le gouvernement, soutient le documentaire, connaît et protège cette pratique amorale et dangereuse puisque le niveau de mercure contenu dans le dauphin constitue un sérieux danger.
Ceci étant dit, The Cove s'inscrit dans un courant de documentaires qui peut facilement tomber sur les nerfs: porté par d'évidents bons sentiments, il présente une vision manichéenne d'une réalité que l'on peut supposer complexe, et n'hésite pas à manipuler le spectateur à coup d'images-chocs et de musique mélodramatique.
* * 1/2