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Valérie Lesage |
Le Soleil
Les pieds dans le vide, c'est une histoire d'amour, d'amitié, de danger, de vie et de mort. Des jeunes qui se cherchent et qui cherchent à oublier, à noyer leurs émotions par des sensations fortes. Ils plongent dans le vide, comme pour toucher le ciel, parce qu'en bas, au sol, ils se sentent loin du paradis.
Raphaël (Éric Bruneau) a 20 ans, il voit son rêve de devenir pilote s'écrouler et il commence à perdre pied. Manu (Laurence Leboeuf) a 19 ans, une mère malade du cancer et une vie amoureuse sous le signe du dilemme. Charles (Guillaume Lemay-Thivierge), âgé de 30 ans, est propriétaire d'un centre de parachutisme et veille sur la sécurité des élèves et de ses amis tandis que, côté coeur, il s'éprend de Manu. Un peu à côté de ce trio, Ludo (Adam Kosh), nouveau venu au centre, cherche un lieu où être lui-même.
Sauf pour Charles, le sage qui mesure ses doses de folie, les autres personnages du scénariste Vincent Bolduc sont en quête d'eux-mêmes et tous sont marqués par des épreuves qui les forcent à grandir, à faire des choix. L'entrée en matière se fait sur un ton léger: des jeunes qui sautent en parachute, qui font la fête et qui s'amusent au jeu de la séduction. Mais le film plonge lentement dans le drame et transporte avec lui une charge émotive puissante. Il se passe beaucoup de choses, le mélo n'est pas très loin, mais la jeune réalisatrice Mariloup Wolfe ne surligne jamais la douleur. Souvent, elle laisse parler les images, qui hurlent plus fort que les mots.
Jouer avec l'esthétisme
Elle s'amuse avec l'esthétisme, mais celui-ci est toujours au service de l'histoire. Au sol, ses personnages sont enfermés dans des plans très serrés, accentuant leur sensation d'étouffer. Au ciel, les plans de caméra sont géants, comme leur plaisir, comme leur liberté, comme le danger qu'ils invitent parfois. Beaucoup d'images sont filmées dans des lumières d'incendie, à l'aube ou à la brunante.
L'aube comme l'amour qui demande à voir le jour, comme l'enfant qui viendra, et la brunante comme la vie de la mère qui s'achève, comme la vie que Raphaël est en train de brûler. Entre les deux, la nuit, souvent, comme les tourments. C'est donc un premier long métrage très maîtrisé que propose la comédienne Mariloup Wolfe, dont la direction d'acteurs est par ailleurs formidable de naturel. Les défis techniques qu'a dû affronter la cinéaste avec toutes les cascades et les sauts en parachute ne l'ont pas éloignée de l'essentiel: raconter une histoire et donner des émotions.
Elle nous fait sentir le vertige des pieds dans le vide et ses acteurs nous emmènent profondément dans leur mal-être comme dans leurs joies. Mariloup Wolfe signe un film spectaculaire, poignant et singulier.
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* * * 1/2
Les pieds dans le vide. Genre : drame. Réalisateur : Mariloup Wolfe. Acteurs : Éric Bruneau, Laurence Leboeuf, Guillaume Lemay-Thivierge. Classement : général. Déconseillé aux jeunes enfants. Durée : 1 h 45.
On aime : la réalisation vibrante, les émotions, les acteurs, le contexte.
On n'aime pas : l'histoire de Ludo s'intègre plus ou moins bien.