La Presse
Ramdam au grand écran. Cette impression ne quitte jamais le spectateur durant la projection du premier film de Mariloup Wolfe. Après tout, la jeune réalisatrice est de cette école télévisuelle, comme son scénariste Vincent Bolduc, qui joue un petit rôle de souffre-douleur dans le film. Les pieds dans le vide a d'ailleurs tout d'un film pour ados. Tant par les sujets abordés que dans le traitement.
Charles (Guillaume Lemay-Thivierge) dirige une école de parachutisme où Rafaël (Éric Bruneau) et Manu (Laurence Leboeuf) ont leurs quartiers d'été et où Ludo (Adam Kosh) est le nouveau venu. Ils aiment avoir les pieds dans le vide, accrochés à un parachute, pour le kick, comme ils le disent si bien; mais, dans le fond, il s'agit d'un exutoire qui leur permet d'oublier leurs peines d'amours, d'école, d'avortement ou de maladie. Toutes ces questions sont toutefois cousues d'un fil trop blanc, tant par le scénario que par les dialogues, souvent trop affligeants pour être vrai.
D'abord, il y a deux films dans ce long métrage. La première partie, bourrée d'adrénaline, est filmée comme une pub de boisson énergisante ou de dentifrice. Joyeuse, éclatée, nerveuse. La direction photo de Jérôme Sabourin est d'ailleurs remarquable de bout en bout. Certaines scènes se passent de dialogues pour faire passer une émotion ou une idée.
Par la suite, le récit s'attarde aux personnages, mais superficiellement, rarement en profondeur. Charles aime Manu, qui vient de quitter Rafaël, mais pas tout à fait. La mère de Manu souffre d'un cancer du cerveau. Ludo découvre son homosexualité. Rafaël est dépressif et Charles garde la tête hors de l'eau, mais son parcours finira mal aussi.
Bref, les clichés abondent, les invraisemblances et les bons sentiments aussi. La fin devient un tel condensé de drames que les personnages en sont carrément bouche bée. Et nous aussi. En fait foi cet échange final entre Manu et Rafaël: «Ça fait que c'est ça, là... Ouais, ça ben d'l'air.» Ouf!
Les acteurs s'acquittent assez bien de leur tâche, mais ils sont trop souvent laissés à eux-mêmes. Ce n'est pas que Mariloup Wolfe manque d'idées de mise en scène, ni de suite dans les idées, juste un peu de direction.
Ses personnages ont peur de faire le saut dans le vide de la vie adulte, on le comprend. La réalisatrice devrait se servir de leurs erreurs pour apprendre à marcher et à parler, avant de sauter.
Les pieds dans le vide prend l'affiche aujourd'hui.
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* * 1/2
Les pieds dans le vide. Drame de moeurs de Mariloup Wolfe. Avec Guillaume Lemay-Thivierge, Laurence Leboeuf et Éric Bruneau. 1 h 45.
Trois amis se retrouvent l'été dans un centre de parachutisme. Ils sautent pour les sensations fortes, pour oublier, pour fuir.
Un premier film sympa dont le scénario et les dialogues sont toutefois déficients.