La Presse
Depuis le succès de la série culte américaine Six Feet Under, le monde des pompes funèbres a droit à beaucoup d’attention de la part des scénaristes. Michel Delgado, reconnu pour avoir écrit L’enquête corse (Alain Berbérian) et L’auberge rouge (Gérard Krawczyk), a choisi d’installer les assises de sa nouvelle comédie, dont il signe aussi la réalisation, dans le même cadre.
Avec, toutefois, l’envie évidente de s’en servir comme prétexte à des moments plus humoristiques que profonds. L’effort est louable. Mais il manque à ce Bouquet final une vision plus affirmée, une approche un peu mieux maîtrisée. À vrai dire, on se surprend à rêver de ce que les Britanniques auraient pu tirer d’une histoire pareille.
Delgado accouche ici d’un film d’où est exclu tout sentiment de malaise ou d’inconfort, même si le milieu dans lequel évoluent les personnages n’est pas banal.
Ainsi, on suivra le parcours de Gabriel (Marc-André Grondin), un jeune musicien qui, à la suite de déboires professionnels, se résout à accepter un poste à la direction commerciale d’une entreprise américaine de pompes funèbres installée en France.
Le récit se déploie alors sur deux flancs. D’une part, Gabriel doit gérer l’animosité d’un vétéran (Didier Bourdon) avec qui il doit faire équipe pendant son stage ; de l’autre, il doit manœuvrer dans la clandestinité. Issu d’une famille où le travail n’est vraiment pas une valeur très appréciée (Marthe Keller et Gérard Depardieu incarnent les parents « granoles »), Gabriel cache en effet ses nouvelles activités à son entourage, dont fait notamment partie une jeune femme (Bérénice Bejo) avec laquelle il pourrait peut-être entretenir une liaison sentimentale…
Plutôt convenu dans sa forme, Bouquet final se révèle un peu mollasson sur le plan du rythme et des dialogues. En revanche, les acteurs tirent le maximum du matériel. Keller et Depardieu éclairent de leur présence les quelques scènes dans lesquelles ils apparaissent, tout comme Michel Galabru, toujours impressionnant. Valérie Bonneton offre de son côté quelques bons moments en donnant à son personnage de thanatologue un aspect irrésistiblement drôle, sans jamais trop appuyer. Bourdon s’acquitte aussi bien de sa tâche.
Quant à Marc-André Grondin, il explore ici l’étendue de son registre et affiche une belle aisance.
Dommage que le film ne soit pas à la hauteur de ceux qui lui ont prêté leur talent. Delgado aurait-il trop joué de prudence ?