Qu'il est inusité de voir une première oeuvre aussi maîtrisée, mais non sans défaut, réalisée par un cinéaste de 20 ans, auteur du scénario à seulement 17 ans.
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Qu'il faut savoir croire en ses rêves, Dolan ayant investi toutes ses économies et plus dans son film, avant de convaincre la SODEC (mais non Téléfilm Canada) d'investir dans le dernier droit.
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Qu'il faudra avoir à l'oeil ce cinéaste à la touffe de cheveux aussi rebelle que sa personnalité, qui a conquis la Quinzaine des réalisateurs de Cannes avec trois prix inattendus, avant de rater de peu la Caméra d'or, remise au meilleur premier film.
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Dolan se donne le premier rôle dans son long-métrage, celui d'un adolescent de 17 ans, Hubert, en totale révolte contre sa mère monoparentale (excellente Anne Dorval). Il n'aime rien de cette femme, pas plus son mode de vie que sa façon de manger ou de se vêtir. Le fils et la mère vivent sur deux planètes éloignées de millions d'années-lumière.
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L'adolescent trouvera le réconfort dans les bras de son petit copain, artiste comme lui (François Arnaud), qui a le bonheur d'avoir une mère tellement cool (Patricia Tulasne). Hubert recevra aussi une oreille attentive et empathique d'une professeure (Suzanne Clément) qui a vu en lui un talent d'auteur.
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Ravageur et attendrissant
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Dolan peint un tableau à la fois ravageur et attendrissant de cette relation mère-fils coincée dans un cul-de-sac. Le jeune cinéaste ne s'embarrasse pas de grandes théories freudiennes, laissant les mots du quotidien témoigner de sa haine et de son indifférence à l'égard de l'auteure de ses jours. Mais au détour d'une phrase, on devine qu'un amour insoupçonné, du moins une certaine tendresse, est là , prêt à éclore. Suffit de se donner du temps, de prendre de la maturité, du recul.
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La mise en scène de Dolan est conduite avec habileté. Cadrages originaux, envolées oniriques et plans fixes style photomaton où Dolan témoigne de son désarroi se succèdent pour donner du tonus à ce récit à saveur autobiographique.
À l'opposé, les hommages à quelques cinéastes sont un peu trop appuyés. On pense aux personnages filmés de dos, au ralenti, dans un couloir, clin d'oeil appuyé à In the Mood for Love, de Wong Kar-wai.
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À l'opposé de C.R.A.Z.Y., qui se déroulait, il est vrai, à une autre époque, le thème de l'homosexualité juvénile n'est pas l'enjeu du film. Lorsque la mère apprend que son fils est gai, elle est davantage outrée par le fait que son fils n'a pas su lui faire confiance pour lui en parler ouvertement.
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Le jeune cinéaste comédien fait preuve d'une belle présence devant sa caméra, malgré une tendance à «surjouer» et à mâcher ses mots. Dans le rôle du «dragon maternel», Anne Dorval se fait à la fois touchante et drôle, particulièrement dans une mémorable scène de «pétage de plombs» au téléphone, à l'endroit d'un directeur d'école. À n'en pas douter, la comédienne vient de recevoir un laissez-passer pour la prochaine soirée des Jutra.
 Avec ce film surprise sorti de nulle part, le jeune Dolan vient de placer la barre bien haut pour son second film.
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Genre : comédie dramatique
Réalisateur : Xavier Dolan
Acteurs : Xavier Dolan, Anne Dorval, François Arnaud, Suzanne Clément, Patricia Tulasne, Niels Schneider et Monique Spaziani
Salles : Cinéplex Beauport, Le Clap et Cartier
Classement : général (déconseillé aux jeunes enfants)
Durée : 1h50
On aime : la maîtrise de la mise en scène, le jeu d'Anne Dorval, le scénario d'une belle maturité pour un créateur aussi jeune
On n'aime pas : le jeu «surjoué» de Dolan, les clins d'oeil trop appuyés à des cinéastes fétiches