Le jeudi 28 mai 2009
Up : là -haut, très haut avec Pixar
La Presse
Il y a d’abord eu la crainte : acheté par Disney, Pixar allait-il se diluer dans l’énorme machine à rêves qu’est celle d’oncle Walt? Il y a eu Ratatouille, et on s’est dit : «Probablement pas.» Il y a eu WALL-E et on a pensé : «Finalement, tout cela sent fort bon.» Il y a maintenant Up et on n’a plus aucun doute : le studio qui nous a donné Toy Story et Finding Nemo n’a pas vendu ni perdu son âme.
Bien au contraire, en fait. Si les têtes pensantes de Pixar regardent dans une direction, ce n’est pas vers le bas ou les côtés mais vers le haut : «the sky is the limit» pour la plupart, pas pour eux. Ils le prouvent avec un long métrage qui nous expédie visuellement au septième ciel ; et une histoire pleine de rebondissements qui emprunte la route de l’humour et celle des émotions – et s’adresse ainsi aux 8 à 78 ans. C’est d’ailleurs l’âge de ses deux personnages principaux. Ce n’est probablement pas un effet du hasard.
Cette histoire, donc, commence il y a une cinquantaine d’années, dans un segment qui frôle la perfection sur tous les fronts – que les plus grands, qui en saisiront toutes les subtilités, n’oublient pas les mouchoirs. On y rencontre Carl, gamin peu loquace et effacé qui rêve d’aventures mais ne les vit que par procuration, en suivant le parcours d’un grand explorateur. Un jour, il rencontre Ellie. Elle est verbomotrice et affirmée. Elle possède aussi des rêves d’exploits sous de lointaines latitudes. Et elle paraît mieux équipée que lui pour les concrétiser.
Bref, malgré leurs différences ou peut-être grâce à elles, ce sera le grand amour. À la vie, à la mort. La vie, qui va passer (trop) vite. La mort, qui va frapper en ce qu’on pourrait croire temps et lieu… mais est-il vraiment un temps et lieu pour elle? C’est là que vous sortirez les mouchoirs. Fin du premier acte.
Maintenant veuf, Carl est hanté par le grand rêve d’Ellie. Il va donc tenter de le réaliser. Pour elle. Pour eux. C’est ainsi qu’accrochée à des milliers de ballons, sa maison va s’élever dans les cieux et se diriger vers les chutes mythiques dont ils ont rêvé, sa belle et lui. De même que, peut-être, le passager clandestin de cet objet volant non répertorié : Russell le scout. Verbomoteur comme l’était Ellie. Et en quête d’attention.
Drôle de couple, que forment ce gamin qui veut trop bien faire et ce vieillard bourru – dont la route aérienne croisera celle d’un drôle de chien, d’un oiseau rare et d’un explorateur aigri.
Sur le plan visuel, Up est à vous coller sur votre siège. La technologie 3D est exceptionnelle (mais qu’attendre d’autre de ce studio?!) mais, surtout, elle est entièrement au service de l’histoire. Elle dépasse le simple «truc cool».
Et sur le plan narratif, s’il s’adresse peut-être mieux aux adultes (c’est ce que Pixar a fait qui s’approche le plus du film grand public – il faut le savoir avant d’y amener les plus petits, qui riront c’est indéniable mais ne comprendront pas tout), Up offre un mélange équilibré d’aventure et d’émotion, d’humour et de réflexion. Quelle finesse dans la livraison de son message sur les rêves réalisés, les rêves… rêvés. Et les rêves laissés sur les tables de la vie – du moins, à première vue. C’est là que vous, les grands, sortirez de nouveau les mouchoirs. Ne dites pas que vous n’avez pas été prévenus.
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Up (V.F: LÃ -haut)
Film d’animation de Peter Docter et Bob Peterson. 1h36.
Un homme de 78 ans et un scout de 8 ans tentent de réaliser leurs rêves d’aventures en voyageant dans une «maison volante».
L’humour de Ratatouille, la poésie de WALL-E : avec Up, Pixar prouve que le ciel peut ne pas être la limite.