C'est l'histoire d'Haruhiro Shiratori, restaurateur japonais dont la vie bascule le 11 septembre 2001 quand son fils unique est victime des attentats contre le World Trade Center à New York. Le fils qui a trouvé la fortune aux États-Unis ne reviendra jamais. Son père consacrera les années suivantes à donner un sens à cette mort absurde.
Pour prolonger la mémoire de son fils, il veut venir en aide au peuple afghan, pour bâtir la paix. Son premier geste : apprendre la magie. La magie pour traverser la barrière des lan-gues, pour rencontrer l'autre, pour créer l'émerveillement. M. Shiratori, sous le regard émerveillé des enfants et des adultes de Kaboul, fait disparaître les foulards de soie comme il voudrait faire disparaître la haine.
Son deuxième geste reste encore à concrétiser : la construction d'un parc à la mémoire de son fils, qui comprendrait une école et un jardin de cerisiers. Pour donner des racines à la paix. Un des plus grands architectes japonais a dessiné les plans, tandis que M. Shiratori, déterminé, cherche des fonds et un entrepreneur capable de réaliser la vision de l'architecte.
Le réalisateur canadien Philippe Baylaucq a suivi M. Shiratori dans sa quête pendant plus de quatre ans et il a fait deux fois le tour du monde pour filmer cette histoire touchante. Son documentaire aborde le deuil d'un homme et son désir de se réconcilier avec le fils disparu. Mais il va beaucoup plus loin. Il oppose deux visions d'une quête d'idéalisme, aussi valables l'une que l'autre. D'un côté, il y a l'homme qui construit des ponts et un début de paix dans de petits gestes comme la magie. De l'autre, il y a l'architecte qui entretient de grands rêves pour les gens de Kaboul ? pourquoi auraient-ils droit à moins que nous, les sociétés riches?
Sensibilité et pudeur
Le magicien de Kaboul est un film sur la quête et non sur l'aboutissement. Car le grand projet que défend M. Shiratori bute contre les incontournables obstacles que sont les différences culturelles, la religion, les réalités géographiques et géologiques. L'idéal se heurte à la réalité. Un peu comme la mission canadienne en Afghanistan.
Le regard du cinéaste sur son sujet est empreint d'une grande sensibilité, d'une pudeur et d'un respect immense. C'est un regard inspirant aussi, sur un personnage dont le plus grand tour de magie est de faire apparaître l'espoir au milieu du cynisme, de faire disparaître, aussi un peu, le sentiment d'impuissance que nous ressentons devant les pays meurtris.
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Genre : documentaire
Réalisateur : Philippe Baylaucq
Acteurs : ?
Salle : Le Clap (v.o. multilingue, s.-t.f.)
Classement : général
Durée : 1h21
On aime : la profondeur du sujet, la sensibilité du regard, le sens de la métaphore
On n'aime pas : ?