Le vendredi 16 janvier 2009
Le magicien de Kaboul : une fable touchante
La Presse
Le plus récent documentaire de Philippe Baylaucq, Le magicien de Kaboul, aborde un sujet extraordinaire, d'autant plus qu'il est véridique.
Haruhiro Shiratori a perdu ses parents durant la Deuxième Guerre mondiale et son fils unique dans l'une des tours du World Trade Center un certain 11 septembre.
Plutôt que de rentrer dans sa coquille de douleur, le restaurateur japonais entreprend une croisade pour la paix avec l'objectif de faire construire un centre commémoratif dans un parc pour les enfants de Kaboul.
Méthodiquement, Philippe Baylaucq suit pendant de nombreuses années les allers-retours de celui qui fait des tours de magie pour convaincre, séduire et embarquer les gens dans son projet.
Intelligent, le documentaire évite de faire du personnage principal, même si son histoire évoque une fable touchante sur l'espoir et la rédemption, un héros sans faille. Peu à peu, le film découvre un homme beaucoup plus torturé qu'il n'y paraît.
Ainsi, le film valse entre la spiritualité, lors d'une interview avec une amie illuminée du défunt notamment, et la dure réalité afghane; l'on saisit l'amertume d'un peuple envahi. Avec ce sujet en or, sorti d'un improbable chapeau, le cinéaste ne rate pas son propre tour de magie. Son film sait émouvoir et faire réfléchir.
Messager de paix, il arrive à point nommé dans une situation mondiale inextricable où le Canada aurait cruellement besoin d'un magicien pour sortir du bourbier afghan.
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