Le samedi 29 novembre 2008
Australia: traversée du désert **
Le Soleil
On attendait beaucoup de la fresque Australia, de Baz Luhrmann. Le réalisateur le plus célèbre du pays de Crocodile Dundee, rendu célèbre par ses extravagants Roméo et Juliette et Moulin rouge, a eu les moyens de ses ambitions : plus de 130 millions $. Avec, en prime, tout en haut de la marquise, le nom de sa célèbre compatriote Nicole Kidman.
On retiendra de ce premier blockbuster du cinéma australien (à l'affiche dans sa version originale anglaise) le souvenir du plus mauvais rapport qualité prix des dernières années. Tant d'argent mis au service d'un récit aussi mièvre, il fallait le faire. S'il y a quelqu'un qui va avoir les yeux rivés sur les chiffres du box-office de la fin de semaine, c'est bien le patron de la 20th Century Fox...
Décors magnifiques
En 1939, une riche aristocrate (Nicole Kidman) débarque en Australie rejoindre son mari qu'elle trouve assassiné dans son ranch. Avec comme seuls alliés une poignée d'aborigènes, la riche héritière ne pourra tenir le coup très longtemps. C'est alors qu'entre en scène un viril et rustre cow-boy, Drover (Hugh Jackman), qui l'aidera à aller vendre ses 2000 têtes de bétail à l'autre bout du continent, à Darwin, con-dition sine qua non pour éviter que son domaine ne tombe entre les griffes d'un vil spéculateur.
Derrière les décors magnifiques de l'Australie, entre grandes envolées sentimentales et respect de l'histoire des aborigènes de son pays, Luhrmann démontre son incapacité à insuffler une âme à ce qui ressemble à un mauvais Souvenirs d'Afrique. On se trouve loin, très loin, du bouleversant film de Sidney Pollack. Luhrmann ouvre son film sur le ton du burlesque et le termine sur le ton du mélodrame, au carrefour d'un Mission exsangue et d'un Pearl Harbor théâtral.
Prendre son mal en patience
Entre les deux, une interminable saga où le personnage de Nicole Kidman cherche péniblement sa fibre maternelle en chantant du mieux qu'elle peut Somewhere Over the Rainbow (du Magicien d'Oz) au jeune aborigène qu'elle a pris sous son aile (l'excellent Brandon Walters) et qui deviendra le trait d'union avec ce Drover dont elle s'est amourachée. Une fois l'union charnelle consommée entre la riche bourgeoise et son Adonis à cheval, il ne restera plus pour le spectateur qu'à prendre son mal en patience pour connaître qui, de Kidman, de Jackman ou de l'enfant, risque de mourir ou non, on se dépêche s'il vous plaît, puisque le compteur approche les 2h40, publicités et bandes-annonces exclues.
Luhrmann fait la preuve qu'il y a toujours une première fois pour se casser la gueule. Sauf qu'à 130 millions $, ça commence à faire cher la dent.
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Australie (Australia)
Drame romantique et d'aventures de Baz Luhrmann
Avec Nicole Kidman, Hugh Jackman, Brandon Walters, David Wenham, Jack Thompson, Bruce Spence et Bryan Brown
On aime : les décors grandioses, le jeu du jeune Brandon Walters
On n'aime pas : le récit mièvre à souhait, le ton burlesque du début, l'histoire d'amour, la finale interminable