Le samedi 22 novembre 2008
Un conte de Noël: pas un cadeau **1/2
Le Soleil
Le dernier film d'Arnaud Desplechin a beau s'appeler Un conte de Noël, on demeure très loin de l'univers du joyeux vieillard à barbe et de ses lutins. Dans ce drame bourgeois et cruel, qui s'ouvre dans un cimetière et se termine à l'hôpital, une famille dysfonctionnelle profite d'une réunion de trois jours pendant les Fêtes pour régler ses comptes, sur fond de maladie et de tromperie. Rien pour faire passer la dinde et les atocas...
La folie, ou plutôt la drôle de réaction des personnages face à l'adversité, n'est jamais très loin. La mère (Catherine Deneuve), atteinte d'une leucémie qui demande une greffe de moelle osseuse, se porte admirablement bien pour quelqu'un qui vient d'apprendre le pire. Les mondanités passent bien avant les effusions d'émotion.
Autour d'elle, dans la maison cossue de Roubaix, que des enfants, brus et gendres à la santé mentale vacillante. L'aînée (Anne Consigny), maniaco-dépressive chronique, voit d'un mauvais oeil le retour de son frère cadet (Mathieu Amalric), banni de la famille pour cause de frasques à répétition. Ce fils honni par sa mère, celle-ci en a pourtant bien besoin pour sa greffe salvatrice.
Il y a aussi la belle-fille (Chiara Mastroianni) qui trompe son mari (Melvil Poupaud) avec son cousin sans colonne vertébrale (Laurent Capelluto), le gamin schizo de la soeur aînée, on en passe et on en oublie, surtout le paternel (Jean-Paul Roussillon) qui regarde tout son monde s'enfoncer avec le plus beau des sourires, comme le père Noël après avoir croqué dans son biscuit.
Rien à redire de l'élégante mise en scène de Desplechin (ponctuée toutefois d'effets visuels agaçants) mais les personnages offrent si peu de prise émotionnelle qu'on a tout le mal du monde à compatir à leur sort. Un film cérébral à souhait, aussi étrange qu'irritant.
**1/2
Un conte de Noël
Drame d’Arnaud Desplechin
Avec Catherine Deneuve, Mathieu Amalric, Anne Consigny, Jean-Paul Roussillon, Emmanuelle Devos, Chiara Mastroianni, Melvil Poupaud et Laurent Capelluto
On aime : l'élégance de la mise en scène, le jeu de Mathieu Amalric, quelques répliques bien senties
On n'aime pas : le ton surjoué des dialogues, un récit trop cérébral, les effets visuels agaçants, la longueur excessive