La Presse
Twilight, l’adaptation cinématographique que signe Catherine Hardwicke du premier tome de la tétralogie à très grand succès de Stephenie Meyer, n’est pas un film sans défauts. C’est pourtant un film qui mérite d’être aimé.
D’abord, parce que le scénario de Melissa Rosenberg saisit l’essence du roman et, en les respectant, fera le bonheur des millions de fans des livres. Sur papier, il faut voir là une excellente adaptation de cette histoire de Bella, adolescente ordinaire amoureuse d’Edward, un garçon au charme magnétique qui est en fait un vampire.
Ensuite, parce que la sensualité de l’écriture de Stephenie Meyer trouve écho sur l’écran grâce à la caméra de la réalisatrice, qui sait caresser ses acteurs, leurs yeux, leur peau; et grâce à la chimie palpable entre les deux amoureux, incarnés par Kristen Stewart et Robert Pattinson.
Ce dernier, malgré les hauts cris qui se sont élevés parmi les «twilighters» quand il a été su qu’il avait obtenu le rôle du vampire adoré, va certainement bouter les Zac Efron et autres mignons hors du coeur de bien des adolescentes. Il est aussi craquant qu’inquiétant-contre-son-gré, comme l’est Edward.
Enfin, parce que Catherine Hardwicke, à qui l’on doit Thirteen et Lords of Dogtown, sait filmer l’adolescent. Les amis «normaux» de Bella, ceux qu’elle côtoie à l’école, bien qu’à peu près jamais à l’avant-plan, sont criants de naturel dans leurs relations, leurs faits et gestes.
Manque de moyens
En fait, le problème avec Twilight, qui donne quand même parfois dans l’excès côté bonbon (oh, cette scène où les deux amoureux, enrobés d’une musique dégoulinante, sont allongés dans une clairière!) et ne reste qu’à la surface des membres de la famille d’Edward (pourtant fascinants), en est surtout un de manque de moyens que le talent ne parvient pas toujours à combler. On parle en effet d’un budget de 38 millions, ce qui est modeste pour le genre.
Ainsi, comment ne pas pouffer devant la peau blanche-mime et non translucide-vampire de certains personnages? Comment ne pas sourciller face à certains effets spéciaux? Heureusement, les scènes d’action et de combat ne sont pas très nombreuses, Twilight tenant plus de Roméo et Juliette que de Dracula.
Car si tout les attire l’un vers l’autre, Bella et Edward ne sont pas, logiquement, faits l’un pour l’autre. Même si le garçon est membre d’un clan qui a décidé de se nourrir de sang animal et de respecter la vie humaine, il n’en demeure pas moins mortellement attiré par ce qui coule dans les veines de sa bien-aimée et sa force est telle qu’il pourrait involontairement la tuer.
Mais le vrai danger pour l’adolescente viendra de vampires nomades qui, eux, voient les êtres humains comme de la nourriture, point. Parmi eux, la Montréalaise Rachelle Lefevre. Malgré son peu de temps à l’écran, sa présence est marquante. Et promet pour les prochains volets de l’histoire.
Car malgré ses défauts, Twilight mérite – et aura – du succès. Ce qui ne pourra que bénéficier à ses suites. On attend déjà avec impatience New Moon et Eclipse.
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TWILIGHT (V.F. TWILIGHT: LA FASCINATION)
Drame romantico-fantastique de Catherine Hardwicke. Avec Kristen Stewart, Robert Pattinson, Billy Burke, Peter Facinelli. 2h01
Elle a 17 ans et est amoureuse de lui. Il l’aime aussi. Il a 17 ans aussi… mais depuis près d’un siècle. L’histoire d’amour (im) possible entre une fille ordinaire et un vampire.
Un film d’amour qui mérite d’être aimé, malgré ses faiblesses.