Le Soleil
Truffe, de Kim Nguyen, ne ressemble en rien à ce qui s'est fait au cinéma québécois. Imaginez, un Montréal de 2017 en noir et blanc, avec un Roy Dupuis incarnant un chercheur de truffes tombé sous l'emprise d'une Michèle Richard androïde dont l'arme ultime est un col de fourrure mangeur d'hommes... Un p'tit joint avec ça?
Fruit de l'imagination (très fertile) de Kim Nguyen, cet ofni (objet filmique non identifié) offre deux choix au spectateur : embarquer dans l'histoire ou... ne pas embarquer. Nous avons basculé assez rapidement dans la seconde option.
Truffe se veut un hommage aux films de série B des années 50 et autres films dit psychotroniques. L'ennui, c'est que ce genre de productions séduit et fascine en raison de leurs nombreux défauts, souvent involontaires. Un bon vieux Ed Wood est si moche qu'il fait rire. Ed Wood ne l'a pas voulu, mais c'est pour cela qu'on se souvient de lui.
Or, Truffe n'est pas moche. Nguyen possède le don de la mise en scène. Ses acteurs se défendent bien dans leur rôle (au premier rang Dupuis et Bonnier). Les clins d'oeil sur la société de consommation - des truffes qu'on met dans la poutine, des hommes robots traînant des robots sur leurs épaules, des morts-vivants habitant un monster house... - sont intéressants, même s'ils deviennent vite répétitifs.
Au final, face à ce curieux objet de délire qui rappelle, gros budget en moins, Alien, Terminator et autres Invasion des profanateurs, on ne sait trop que penser, sinon se demander quel est son public cible. Chose certaine, on ne verra pas de sitôt un film de ce genre au cinéma québécois, preuve supplémentaire de sa diversité grandissante.
Tout comme on ne verra plus jamais un col de fourrure de la même façon...
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Truffe. Genre : comédie fantastique. Réalisateur : Kim Nguyen. Acteurs : Roy Dupuis, Céline Bonnier, Danielle Proulx, Pierre Lebeau, Michèle Richard, Jean-Nicolas Verreault et Jean Lapointe. Classement : 13 ans. Durée : 1 h 15.
On aime : l'utilisation judicieuse du noir et blanc, le jeu de Dupuis et de Bonnier.
On n'aime pas : la proposition un peu grosse, les délires du scénario, la «bibitte à poils».