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Aleksi K. Lepage (collaboration spéciale) |
La Presse
Tant qu’un cinéaste original et inventif ne s’accaparera pas cette technologie à des fins authentiquement cinématographiques, le 3D en restera au stade du gimmick et du gadget, et les productions en trois dimensions, aussi spectaculaires soient-elles, ne seront toujours que des démonstrations de savoir-faire purement technique. C’est encore le cas de ce Voyage au centre de la Terre lequel, dépouillé de ses effets de perspective hallucinants, irait se perdre au rayon des séries B «pour toute la famille». Il faut quand même saluer l’expertise des équipes de Hybride, compagnie québécoise, qui ont accompli, comme toujours, un travail fabuleux. Nos médias l’annoncent d’ailleurs fièrement avec tambours et trompettes : «Un film tourné entièrement à Montréal», comme si cela était une sorte de gage de qualité. À ce compte-là, Ilsa la tigresse de Sibérie a aussi été «entièrement tourné à Montréal»…
Le cabotin Brendan Fraser, en scientifique ambitieux, suit les traces de son défunt frère à la recherche de quelque mystérieux corridor devant mener directement au centre de la planète. Il n’ose trop y croire, mais certaines notes obscures laissées par son frère, déchiffrées et rassemblées, forment une sorte de carte. Avec son neveu et une guide en haute montagne, ils entreprendront, plus ou moins contre leur gré, un périlleux périple vers les profondeurs abyssales de la Terre.
Évidemment, on trouve de tout dans cet immense sous-sol laissé intact depuis des millions d’années : insectes géants, poissons volants, tyrannosaures, lave en fusion, cascades ruisselantes, mine de diamants, mer souterraine et petits oiseaux fluo qui font cui-cui. L’animation 3D est, disions-nous plus haut, irréprochablement efficace. Mais le scénario, écrit à la hâte sur le coin d’un bureau, est si bourré d’invraisemblances qu’il ferait passer Le Seigneur des anneaux pour un documentaire géographique de la BBC.
Réalisé en mode automatique par Eric Brevig, un spécialiste des effets visuels, ne relève pas tant du cinéma que du parc d’attractions. Fraser a Voyage au centre de la Terre beau rouler des yeux et faire la grimace, ce film sans personnalité, à l’humour consensuel, n’est qu’un joli morceau de plastique. Il y avait tant à tirer du roman de Jules Verne, dont le film ne cesse de vanter les mérites prophétiques, beaucoup plus que ce joujou impressionnant, mais vite lassant.
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**1/2
VOYAGE AU CENTRE DE LA TERRE. Film d’aventure de Eric Brevig. Avec Brendan Fraser, Anita Briem, Josh Hutcherson. 92 minutes.
Relecture (rapide) du roman de Jules Verne pour la génération Pixel.
Des effets spéciaux spectaculaires au service d’une série B pour enfants.