La Presse
Ce long métrage québécois, réalisé par quatre jeunes cinéastes, se distingue surtout par la réussite technique de l’exercice.
Film choral dans lequel on ne dénote pratiquement aucune rupture, ni dans le style ni dans le ton, Lucidité passagère laisse aussi à peine entrevoir son origine théâtrale.
Sous la direction de Fabrice Barrilliet, Nicolas Bolduc, Julien Knafo et Marie-Hélène Panisset, la pièce de Martin Thibaudeau sert ici de terreau à une évocation à travers laquelle des trentenaires remettent en question leurs choix de vie.
À l’actif du film, une réalisation dynamique, une bonne conception visuelle et des personnages en proie aux crises existentielles inhérentes au véritable passage à l’âge adulte. Mais Lucidité passagère a aussi les qualités de ses défauts sur le plan narratif.
Le passage d’une histoire à l’autre, d’un personnage à l’autre, oblige les scénaristes à rester en surface plutôt que de plonger véritablement dans l’âme des protagonistes.
Les dialogues semblent parfois plaqués ; la coexistence entre les petits et grands drames de la vie ne se révèle pas toujours harmonieuse non plus.
Cet exercice reste quand même riche en promesses. Les acteurs (Daniel Parent, Hélène Florent, Erik Duhamel, Mario Saint-Amand et Maxim Roy) affichent aussi une belle sincérité.