Le jeudi 11 mars 2010
Remember me : l’amour aux temps des tragédies
La Presse
Il est plus ténébreux que jamais... et pas seulement parce qu’il n’a plus le teint pâle-vampire, le Robert Pattinson qui hante presque toutes les images de Remember Me (La rage de vivre), drame romantique réalisé par Allen Coulter. Comprendre que les fans de Twilight et d’Edward Cullen seront servies (notez le féminin).
Torturé façon James Dean, il incarne Tyler. Étudiant à l’université, il vit dans un appartement miteux, il fume à la chaîne et boit pas mal, il a tourné le dos à sa famille - enfin, surtout à son père, avocat prospère sur Wall Street (Pierce Brosnan, à qui le rôle sied aussi bien que les complets-cravate qu’il porte pour l’occasion). Elle, parce qu’il y a une «elle», c’est Ally, interprétée par Emilie de Ravin (la Claire de Lost, menue et lumineuse, tout en contraste avec son partenaire à l’écran). Elle étudie avec lui et vit avec son père, policier à New York (Chris Cooper, qui ne sait pas être mauvais). Ils vont faire connaissance dans des circonstances arrangées avec le gars des vues (en fait, le coloc de Tyler) et tomber amoureux l’un de l’autre. Peut-être parce que tous deux portent une blessure au coeur. Pas du genre qui cicatrise. Le frère aîné de Tyler s’est suicidé. La mère d’Ally s’est fait tuer il y a 10 ans, sous ses yeux.
C’est beaucoup, côté drame. Assez pour bien meubler un long métrage. Mais le scénariste Will Fetters a voulu en rajouter une couche, entre autres en donnant à Tyler une petite soeur tyrannisée par ses compagnes de classe. Même chose du côté du réalisateur, qui aurait pu laisser Robert Pattinson émerger, parfois, de sa bulle opaque: l’acteur rayonne quand il sourit, le bonheur de son personnage avec Ally, on aurait voulu (et pu) le sentir plus et mieux. Mais plutôt qu’un simple drame, c’est la tragédie qui semble avoir ici été recherchée. Le tout menant d’ailleurs vers une finale percutante. Qu’on l’ait vue ou pas venir, elle laisse ses marques. En fait, elle est si forte et si... finale, quoi, que l’épilogue qui la suit devient inutile. Tout a été dit. Et bien dit.