Le jeudi 11 mars 2010
Le hérisson : ni très piquant ni très élégant
La Presse
Le «librement inspiré de...» mettra à la puce à l’oreille de quiconque a lu L’élégance du hérisson de Muriel Barbery et qui décidera d’aller voir Le hérisson de Mona Achache. Et malgré cette précision, malgré le fait de savoir qu’à de rarissimes exceptions «le livre est meilleur que le film», il sera difficile de ne pas être déçu par ce Hérisson-là.
Pour ceux qui ont lu, le long métrage manquera du piquant et de l’élégance qui faisaient du roman une expérience inoubliable, douce et amère, drôle et tragique. Alors qu’aux oreilles de ceux qui n’ont pas lu, les dialogues manqueront de naturel, rappelant constamment qu’il y avait un livre avant la mise en images. C’est particulièrement vrai d’une bonne partie des phrases qui sortent de la bouche de la jeune Garance Le Guillermic. Dur, quand on pense que son rôle, celui de Paloma, est central.
Le hérisson tourne en effet autour d’elle. Jeune fille précoce et (trop) lucide vivant dans un riche immeuble parisien avec sa mère plus qu’au bord de la crise de nerfs (Anne Brochet, caricaturale), son père trop occupé par le boulot pour voir que sa famille ne tourne pas rond (Waldimir Yordanoff, aussi absent que son personnage) et sa soeur nombriliste (Sarah Le Picard), elle a décidé qu’elle se suiciderait le jour de ses 12 ans. La date approche.
Au cours de ce compte à rebours, elle se rapproche de la concierge de l’immeuble, madame Michel (Josiane Balasko, parfaite), qui, sous des dehors revêches, cache une femme lettrée et cultivée. Le cache bien, pour répondre au cliché que l’on se fait de la concierge : une vieille moche et malcommode qui regarde la télé toute la journée. Et puis, il y a l’arrivée du nouveau locataire, l’énigmatique Kakuro Ozu (Togo Igawa, très charismatique).
Leurs trois destins vont se croiser, s’entrelacer. Changer la trajectoire des autres.
Le fil conducteur: les observations de Paloma. Que, dans le roman, elle livre par l’intermédiaire de son journal intime. Et c’est crédible. Mais pour mieux servir son film, Mona Achache a fait de la jeune héroïne une cinéaste en herbe. L’idée est bonne. En théorie. En pratique, cela donne des moments intéressants au départ qui, bientôt, agacent tant ils sentent le procédé.
Il reste quand même quelque chose de charmant dans ce Hérisson. Dans les échanges entre Josiane Balasko et Garance Le Guillermic (qui tire bien son épingle du jeu mais n’a pas eu la partie facile) et dans les scènes où la première est en contact avec l’étonnant Togo Igawa. Et, surtout, il y a là un sus aux préjugés qui fait du bien à voir et à entendre.
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**1/2
LE HÉRISSON
Comédie dramatique de Mona Achache. Avec Josiane Balasko, Garance Le Guillermic, Togo Igawa. 1h40
Une fillette riche qui veut se suicider. Une concierge qui cache sa vraie nature. Un riche Japonais qui vient s’établir dans leur immeuble. Trois destins, une histoire.
Une adaptation qui ne décolle pas, alourdie par le livre qui l’a inspirée.