Le jeudi 4 février 2010
Collapse : tous ensemble dans le mur
La Presse
Michael Ruppert est assis devant la caméra et, d’une voix calme et bien rythmée, explique comment le monde - le monde entier, pas juste l’occidental ou le tiers – est entré dans la deuxième moitié de la civilisation du pétrole.
Et quand le système va s’effondrer – pas «si», quand…. -, la chute (le collapse du titre) va ressembler plus au cataclysme planétaire qui a provoqué l’extinction des dinosaures qu’à la Crise de 1929 qui a envoyé nos (grands-) parents à la soupe populaire.
Collapse, c’est juste ça: un gars qui explique tranquillement, avec quelques graphiques et de vieux films d’archives, qu’on a déjà utilisé plus de la moitié des ressources connues de pétrole et que s’il en existe d’autres, elles se trouvent sous la calotte polaire ou au fond des mers, donc plus cher à produire. Et quand le litre coûtera une livre d’or-métal, nous serons pas mal nombreux à ne pas pouvoir nous le payer. Pour mettre dans nos autos – 800 millions de chars sur la boule - dont chacun des pneus est fait de sept gallons de pétrole. Sans parler de ce que ça prend pour les plastiques et tout le reste… Collapse.
Tapez son nom et vous verrez que Michael Ruppert a ses détracteurs qui l’accusent d’être un parano et un théoricien du complot. L’ancien policier de L.A. devenu journaliste d’enquête - il a mis au jour l’implication de la CIA dans le trafic de la drogue: cocaïne contre armes avec certaines factions contre-révolutionnaires sud-américaines – réplique qu’il est plus versé dans les faits du complot que dans sa théorie. Et de citer l’invasion de l’Irak comme exemple probant de la chose.
J’ignore si Ruppert a raison sur toute la ligne. Mais l’intelligence ordinaire trouvera dans ses propos matière à réflexion sur le plus grand défi de la vie: la survie.
Collapse est présenté en version originale anglaise au cinéma du Parc.