Le jeudi 21 janvier 2010
La domination masculine : l'égalité inachevée
La Presse
La domination masculine a beaucoup fait parler de lui il y a quelques mois lors des Rencontres internationales du documentaire. Le réalisateur Patric Jean avait en effet annulé sa venue au Québec sous la pression de masculinistes, fâchés contre le propos de Jean, comme par leur présence, malgré eux, dans le film.
Résumons: Patric Jean, dont l’oeuvre observe les mécanismes de domination à l’oeuvre dans nos sociétés se penchait dans La domination masculine sur l’ascendant d’un genre sur l’autre. Comment se reproduit cette domination? Comment s’exprime-t-elle encore aujourd’hui? Le féminisme a-t-il mis un point final à la domination masculine?
Avec un démarche presque sociologique, le cinéaste observe les signes encore visibles de cette domination aujourd’hui et aussi sa reproduction à travers notamment l’école, les jeux et les modèles sociaux proposés aux jeunes enfants.
La partie la plus frappante de son film, cependant, se trouve ici même au Québec. Le réalisateur rappelle que le Québec a, sur le chapitre de l’égalité hommes-femmes, plusieurs longueurs d’avance sur les sociétés européennes. Ces avancées sont toutefois accompagnées d’une tentation de recul, exprimée par les masculinistes.
En se faisant passer pour l’un d’entre eux, Patric Jean filme certains «masculinistes» en plein délire de persécution, proférant des imbécillités incommensurables et pour tout dire, il faut le voir pour le croire.
Cette partie du documentaire se situe toutefois dans une démonstration plus large, qui mérite tout autant l’attention. De façon assez convaincante, La domination masculine rappelle que même dans les sociétés occidentales et réputées égalitaires, la femme n’est pas toujours l’égale de l’homme.