Le Soleil
Le réalisateur, scénariste et homme de théâtre Jean-Michel Ribes offre avec Musée haut, musée bas une incursion au coeur d'un établissement imaginaire parisien où les oeuvres d'art s'effacent devant le spectacle de la comédie humaine.
Les personnages de cette adaptation de sa pièce à succès forment une ambitieuse et originale caricature. Pour ce passage au grand écran, le film s'offre un générique de plus de 120 rôles parlants, et pas les moindres : Luchini, Jugnot, Dussolier, Arditi, Balasko, Lemercier, Carré et autres Muriel Robin. Dans les circonstances, personne ne prend vraiment le plancher de ce récit plus-que-choral. À tour de rôle, chacun fait son numéro, mais avec plus ou moins de succès.
Dans ce chassé-croisé de visiteurs, employés et dignitaires venus prendre un bain de culture, on trouve un peu de tout. Un conservateur obsédé par les plantes vertes (Michel Blanc), un groupe de provinciaux à la recherche des Impressionnistes, une mère poursuivant de ses questions son fils gai, une fausse bourgeoise cherchant à impressionner la galerie, un ministre coincé dans une exposition de zizis, des gardiens épuisés par Rodin, une famille à la recherche de sa voiture au stationnement Rembrandt...
Désordre organisé
Les saynètes s'enchaînent dans un désordre organisé, agréable au début mais de moins en moins par la suite. Malgré quelques situations et dialogues savoureux - on pense à la bande à Jugnot -, le film perd de son piquant à force de sauter du coq à l'âne.
Le dernier tiers, avec cet orage apocalyptique frappant le musée et ses personnages désorientés, vire carrément au burlesque en mal d'inspiration. On sort de la projection à demi-satisfait ou à demi-irrité de cet exercice de style, c'est selon...
Au générique
Cote : **1/2
Titre : Musée haut, musée bas
Genre : comédie
Réalisateur : Jean-Michel Ribes
Acteurs : Michel Blanc, Fabrice Luchini, Gérard Jugnot, Josiane Balasko, Isabelle Carré, Yolande Moreau, Valérie Lemercier, Pierre Arditi, André Dussolier, Muriel Robin, Daniel Prévost et Victoria Abril
Classement : général
Durée : 1h33
On aime : l'ouverture, les personnages de Jugnot et d'Eva Darlan (la guide touristique), quelques dialogues savoureux
On n'aime pas : le trop grand nombre de personnages, la métaphore écologique, la finale