Le jeudi 14 janvier 2010
The Spy Next Door : Jackie Chan frappe un mur
La Presse
Reprenant les grandes lignes de la recette qui avait plutôt mal servi Vin Diesel dans The Pacifier, The Spy Next Door (L’espion d’à côté) est une comédie familiale dans laquelle le charismatique Jackie Chan frappe malheureusement un mur.
Limité par son anglais (il l’avoue dans les bloopers qui accompagnent le générique de fin: «Je déteste l’anglais»), il est trop coincé par son texte pour jouer les romantiques et la comédie autre que physique. Or, c’est ce que lui demande ce rôle dans le film de Brian Levant où il incarne un espion de haut-vol qui se fait passer pour un vendeur de stylos dans la banlieue qu’il habite. Près de chez lui, vit une belle femme (Amber Valletta) avec qui ça a cliqué sur le plan sentimental – au grand dam des trois enfants qu’elle élève seule et qui ne veulent rien savoir de ce nerd. Jusqu’au jour où les trois monstres sont laissés à la garde de celui dont ils vont découvrir la face cachée, après qu’ils soient accidentellement entrés en possession d’une formule dangereuse mise au point par des terroristes russes.
Commence ici une série de situations plus prévisibles les unes que les autres, portés par des acteurs auxquels il manque le sens du rythme essentiel à la comédie: Jackie Chan trébuche sur son anglais et n’a pas l’avantage d’avoir des vis-à-vis expérimentés (comme Chris Tucker dans Rush Hour ou Owen Wilson dans Shanghai Noon) pour faire rebondir la scène. De plus, la chimie entre lui et Amber Valletta n’existe pas – donc, le couple auquel ils veulent nous faire croire, non plus.
Reste l’humour slapstick, les combats (où Jackie Chan, qui ne rajeunit pas, a dû faire appel à deux doublures) et les excellents bloopers, qui devraient plaire aux tout-petits. C’est toujours ça de pris. Et ça peut attendre à la sortie du DVD.