Le jeudi 17 décembre 2009
The Young Victoria : plus Sissi que C.R.A.Z.Y.
Victoria - Les jeunes années d'une reine
La Presse
The Young Victoria, (Victoria : Les jeunes années d’une reine en version française), ne faisons pas de mystères, est un film assez éloigné de C.R.A.Z.Y. dans le ton et dans le registre. Voici un film, aussi, que Jean-Marc Vallée a réalisé sans en avoir pleinement le contrôle créatif. Voici donc un film qui peut laisser quelques regrets. Et si Jean-Marc Vallée avait pu lui apposer au moins sa patte musicale?
Ceci étant dit, il faut aller voir Victoria avec une envie de romantisme et de royauté, de classicisme et de grandiloquence. Musique, et c’est parti : nous voici plongés dans le modeste château qu’habite une jeune fille en fleur, Victoria (Emily Blunt, irréprochable), destinée à devenir la monarque de la puissante Grande-Bretagne.
Étouffée sous le poids des conventions comme sous celui de son omniprésente mère (Miranda Richardson) et de l’intriguant Sir John Conroy (Mark Strong), Victoria rêve de liberté tout en étant l’objet des manipulations de ses oncles souverains d’Angleterre et de Belgique. Ils décident de marier au plus vite cette reine jeune, seule et donc vulnérable afin de garder un oeil sur ses décisions, est-il décidé.
Le scénariste Julian Fellowes (Gosford Park) s’inspire donc de l’histoire d’amour de la reine avec son cousin, le prince Albert (Rupert Friend). Le film s’inscrit dans la tradition du drame historique et romantique, une veine dont Sissi reste l’un des plus vaillants exemples (Romy Schneider avait elle-même interprété la jeune Victoria dans Les jeunes années d’une reine, d’Ernst Marischka, en 1954).
Malheureusement, la relation entre Albert et Victoria devient vite ennuyeuse. Certes, Albert se morfond en Allemagne en attendant que sa belle daigne le demander en Angleterre, mais cela ne suffit pas complètement à maintenir l’intérêt du spectateur.
Très rythmé dans sa première partie, le film tend à s’essouffler après l’intronisation de la jeune reine. Les dialogues et réparties qui font le bonheur des spectateurs pendant la première heure du film délaissent l’ironie et le sarcasme pour plonger dans des ronronnements amoureux. Bref : on perd là aussi la signature du scénariste Julian Fellowes au profit d’une dramatisation superflue (l’attentat - fictif - contre Victoria en est l’exemple le plus frappant).
Du côté de la réalisation, Jean-Marc Vallée tire très habilement son épingle du jeu: on n’a rien à redire, si ce n’est que l’on aurait peut-être aimé retrouver le petit grain de folie qui a fait le succès de C.R.A.Z.Y.. Le réalisateur avait évoqué, pendant la post-production de Victoria, son combat pour imposer une musique contemporaine au film: combat manifestement perdu et c’est dommage.
Victoria: les jeunes années d’une reine, ne décevra pas les amoureux du film romantique et historique (même si l’idée d’avoir neuf enfants avec son cousin n’a rien de romantique de nos jours). Mais trop sage, le film ne fera sans doute pas date dans l’histoire du cinéma.
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THE YOUNG VICTORIA (v.f. : Victoria: les jeunes années d’une reine)
Un film historique de Jean-Marc Vallée. Avec Emily Blunt, Rupert Friend, Paul Bettany et Miranda Richardson.
Avant d’être la reine que l’on connaît, Victoria a connu un début de règne très mouvementé. Jeune femme impétueuse, elle a aussi été l’amoureuse passionnée de son mari et cousin, Prince Albert.
Emily Blunt offre une composition très convaincante de la reine Victoria. Jean-Marc Vallée, sans imposer complètement son style au film, insuffle une belle énergie à ce biopic romantique, surtout dans sa première partie. On regrette l’insistance à surligner les états d’âme de la jeune reine.