En cherchant à souligner les 100 ans d'un symbole aussi puissant que le bleu-blanc-rouge, Sylvain Archambault et le scénariste Jacques Savoie, le tandem derrière l'excellente télésérie Les Lavigueur, courait le risque propre à ce genre d'entreprise : évacuer l'histoire au profit d'un à-plat ventrisme aussi subtil qu'un publireportage.
Pour toujours... Les Canadiens, c'est deux films en un. D'un côté, un documentaire sur les têtes d'affiche de l'équipe, les Richard, Plante, Béliveau, Lafleur, autant d'illustres porteurs aux bras meurtris du sacro-saint flambeau.
De l'autre, un gamin malade (Antoine L'Écuyer), en attente d'une greffe de rein, et un jeune joueur de hockey collégial (Dhanaé Audet-Beaulieu), pris en grippe par un coéquipier et en butte à l'indifférence de son père documentariste (Christian Bégin), occupé à la production d'un film sur... les 100 ans du Canadien. Des films d'archives sur les exploits des Glorieux font écho au destin de ces deux personnages.
Le gamin et l'adolescent trouveront chacun une oreille compatissante à leurs malheurs. Le premier auprès d'une infirmière dévouée (Céline Bonnier), et aussi mère de l'ado rebelle; le second auprès du chauffeur de la zamboni du Centre Bell (Jean Lapointe), un expert dans l'art de trouver dans l'histoire de la sainte Flanelle un antidote à la morosité ambiante, et dont la cabane, perdue au milieu de nulle part, s'avère plus riche en reliques que le Temple de la renommée au complet...
Sans âme ni personnalité
Pour toujours... Les Canadiens est un film dépourvu d'âme et de personnalité, politiquement correct jusqu'au bout de la palette, fait de toute évidence pour plaire au plus grand nombre. Dans les circonstances, les personnages se débrouillent plutôt bien avec le peu qu'ils ont à défendre.
Ode à la sainte Flanelle, disions-nous? L'arrivée de cinq joueurs de la formation 2008-2009 du Canadien, à l'hôpital Sainte-Justine, est digne d'un mauvais film de superhéros. Ouverture de la porte d'ascenseur. Plan sur les... souliers des joueurs. Les Koivu, Higgins, Price, Bouillon et Komisarek s'avancent dans le corridor, au ralenti. Fans du CH, à genoux...
La découverte du film s'appelle Saku Koivu. L'ex-capitaine est capable, on l'a entendu, d'aligner quatre mots en français. Dans l'ordre : Quel est ton nom?... Voilà...Merci... Oui... Ne perd jamais espoir.
Dommage qu'il soit parti, il s'en venait bien...
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Au générique
Cote : **
Titre : Pour toujours...Les Canadiens
Genre : drame fantaisiste
Réalisateur : Sylvain Archambault
Acteurs : Antoine L'Écuyer, Céline Bonnier, Dhanaé Audet-Beaulieu, Christian Bégin, Jean Lapointe, Denis Bernard, Réal Bossé et Claude Legault
Salles : Cinéplex Sainte-Foy, Cinéplex Beauport, Place Charest, Galeries de la Capitale, Des Chutes et Lido
Classement : général
Durée : 2h
On aime : le jeu de quelques comédiens, quelques scènes de match réussies
On n'aime pas : le mauvais mélange documentaire-fiction, le scénario lénifiant à saveur de publireportage, les scènes avec les joueurs du Canadien