Le jeudi 19 novembre 2009
L'art en action : l'art est-il soluble dans le social?
La Presse
Empêcheurs de tourner en rond, Annie Roy et Pierre Allard, le couple fondateur de l’Action Terroriste Socialement Acceptable (ATSA) font partie des figures dominantes de la scène culturelle montréalaise.
Leurs installations et autres happenings sont d’une efficacité redoutable : impossible, même sans connaître l’ATSA, de ne pas avoir remarqué sa boutique-concept Change, installée l’an dernier sur le boulevard Saint-Laurent, ses attentats anti-SUV ou son désormais classique manifestival État d’urgence, organisé à la fin du mois de novembre sur la place Émile Gamelin.
Sans surprise, donc, le documentaire nous montre Annie Roy et Pierre Allard à l’oeuvre pendant plusieurs années, travaillant sur leurs projets personnels ou sur État d’urgence. Ceci est fort intéressant, mais le problème est que l’on ne perce pas vraiment l’essence de l’ATSA. L’ATSA est-elle sociale? culturelle? Si l’on ne peut que saluer l’efficacité en terme de communication pure et simple de l’ATSA (qui a tapé dans l’oeil, paraît-il, de l’agence Cossette) on peut se demander finalement ce que veulent nous dire les artistes.
Le spectateur peut donc partager l’enthousiasme, ou l’admiration, des deux réalisateurs pour ce couple original et engagé. On aurait toutefois aimé que soient relevées leurs contradictions ou questionnées leurs interventions. On aurait peut-être souhaité que ce couple soit raconté par d’autres qu’eux-mêmes.